Graphisme

La Bourse Lubie couronne son 7e lauréat : Alexandre Gemme

Alexandre Gemme remporte la Bourse Lubie 2016

Chez Lubie, on ne croit pas au mythe du vendredi 13. Alexandre Gemme, lauréat 2016 de la Bourse Lubie, non plus. La soirée du 13 mai dernier a marqué la 5e édition de la Bourse Lubie, laquelle récompense le meilleur portfolio des finissants en graphisme du Cégep de Sherbrooke. Il y avait du talent dans la place, et au terme de la soirée, les projecteurs ont su couronner un portfolio distinctif. Rencontre avec un des piliers de la relève, en couleurs pastel SVP.

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Voir la vie en pastel. Le design aussi.

9h00 sonne, Alexandre vient d’entrer dans nos bureaux, souriant comme un paon, arborant fièrement la couleur turquoise pour matcher avec le beau soleil qui brille dehors. On se dit : « Ok, l’entrevue va être bonne. »

On s’assoit, on explique que tout ce qui se dira ici pourra être retenu contre (pour) lui dans le futur, puis on lance l’entrevue : « Alex, c’est quoi ta couleur, ta touche, celle qui inspire ton design ? » En riant, il nous dit « Pastel ». Évidemment, on est surpris. Ou pas. Il poursuit : « Je suis vraiment axé sur le pastel et je reste toujours dans des choses plutôt féminines. En fait, je suis inspiré par des trucs qui sont enfantins, et surtout joyeux, positifs et festifs. Sinon, j’aime particulièrement le flat design, ou minimaliste, qui peut être considéré comme froid ; c’est un style qui permet de se détacher de ce que l’on crée. Essentiellement, Je veux pouvoir regarder mon design et que ça me fasse plaisir, que ça me fasse du bien ; et que ça le fasse pour les autres aussi. Ça doit me représenter. Ma touche, c’est un design qui fait du bien. » Un positionnement qui lui sied très bien, croyez-nous.

Alexandre poursuit en faisant un parallèle avec son quotidien et les inspirations qui naturellement influencent sa couleur créative. « La musique, c’est une super grosse partie de ma vie. À tous les jours, j’essaie de découvrir des nouveautés qui m’inspirent. Sinon, bien que je n’aime aucun style musical en particulier, j’écoute davantage de la pop-électro Top 40 ». « Mais sinon, lui demandons-nous, le ton pastel, cette inspiration colorée, ça vient d’où ? » Ses yeux s’illuminent (comme 95% du temps) et il nous raconte que « le monde des drag queens m’inspire vraiment beaucoup, dans mon design et dans ma vie en général, parce que c’est un environnement super éclaté, dans lequel il n’y a aucune censure. Ça m’inspire à être encore plus créatif et à repousser la censure. C’est un monde qui me fascine parce qu’il touche à tout et qu’il est basé sur des histoires à raconter. Le côté théâtral, burlesque et enfantin est super coloré et léger, mais avec toujours en arrière-plan un volet plus sombre, toujours maquillé. C’est un thème inspirant et qui reflète mon style de design, enfantin et festif, trop en fait. », termine-t-il en riant.

Derrière l’éclectisme, rigueur et implication

Prônant un design coloré, positif et festif, Alexandre nous explique néanmoins qu’il approche tout nouveau mandat avec rigueur. « Mon processus créatif n’est jamais pareil, mais à chaque fois, il est structuré. Je débute par un brainstorm et une identification de mots-clés en toile d’idées, puis je lance des esquisses, lesquelles me mènent ailleurs. Puis, je valide auprès de mes pairs ; c’est important pour moi de ne pas rester pris dans mon cocon, mon pattern, mon monde à moi.  Après, je retourne en création, monte et priorise les concepts qui seront présentés au client, puis ajustés selon les commentaires. » Et ses logiciels de prédilection là-dedans, on lui demande : « Je travaille principalement sur Illustrator en mode vectoriel, mais j’axe de plus en plus sur l’approfondissement de la mise en page via InDesign. » On acquiesce ; la mise en page, c’est essentiel.

Vu sa préférence pour le design positif et lumineux, on lui demande comment il approche les mandats plus « drabes » et moins inspirants : « Je me considère comme quelqu’un de toujours créatif, et donc, je vais toujours ajuster ma touche au contexte et aux besoins du client. Toutefois, je me demande toujours d’emblée comment je peux tourner le mandat pour qu’il m’intéresse. La plupart du temps, j’arrive à amener le client à aimer mon angle de vue et de création ; j’ai de la facilité à présenter et vendre le rationnel derrière mes idées. » Enfin, Alexandre précise sa pensée en indiquant que « tout dépend de la volonté, de l’intérêt et de l’implication que tu portes à un projet. Au bout du compte, ce qui compte, c’est le produit fini. »

Le Alex de demain

Quand on demande à Alexandre ce que le futur lui réserve, bien entendu, il a déjà son idée en tête. « Pour le moment, je veux me concentrer sur mon baccalauréat en design à l’UQAM ; je veux pouvoir y apprendre et continuer à créer, sans limite et contrainte, pendant qu’il est encore temps. Sinon, après, je veux partir à mon compte, lancer mon propre studio de design. Comptant déjà quelques mandats à mon actif, je planifie de prendre un cours de marketing pour m’aider dans ma démarche. » Outre son côté fort créatif, Alexandre possède une fibre entrepreneuriale fort intéressante : « C’est mon père qui m’inculqué ça ; l’art du sytème D ou de trouver la solution par soi-même, comme en étant autodidacte. Une autre chose, c’est que j’ai besoin d’avoir un contact avec le client, avec l’humain. Pour moi, dans ce processus, il y un apprentissage commun ; chacun enrichi l’autre avec sa vision et son bagage intellectuelle et émotif. »

Alex, le pastel te va bien. Vraiment. Parce que, chic type que tu es, c’est une couleur qui saura assurément en inspirer d’autres. Tu corresponds parfaitement à la mission que Lubie s’est donnée avec la création de la Bourse Lubie, soit celle d’encourager la relève à toujours vouloir se surpasser et repousser les limites du design graphique. On va définitivement suivre ta progression de très près. Best of luck !


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Fait intéressant à noter, Lubie s’est récemment associé avec la Fondation du Cégep de Sherbrooke et s’engage à offrir plus de 5 000$ en bourse pour les 5 prochaines années, doublant l’appui financier. De ce fait, nous avons initié la création d’une deuxième bourse encourageant la persévérance scolaire et nous amenant à suivre un élève durant toute sa formation, de la première à la troisième année. Pour l’édition 2016, cette mention honorable a été décernée à Étienne Ménard, laquelle a su se démarquer par sa persévérance et sa détermination.